Comparaison de figures

Le croyant de la famille de Pharaon et l'homme qui accourut

Et un homme croyant de la famille de Pharaon, qui dissimulait sa foi, dit : « Tuez-vous un homme parce qu'il dit : Mon Seigneur est Allah ? Alors qu'il est venu à vous avec les preuves évidentes de la part de votre Seigneur. S'il est menteur, son mensonge sera à son détriment ; tandis que s'il est véridique, alors une partie de ce dont il vous menace tombera sur vous. » Certes, Allah ne guide pas celui qui est outrancier et imposteur ! « Ô mon peuple, triomphant sur la terre, vous avez la royauté aujourd'hui. Mais qui nous secourra de la rigueur d'Allah si elle nous vient ? » Pharaon dit : « Je ne vous indique que ce que je considère bon. Je ne vous guide qu'au sentier de la droiture. » Et celui qui était croyant dit : « Ô mon peuple, je crains pour vous un jour semblable à celui des coalisés, un sort semblable à celui du peuple de Noé, des 'Aad et des Thamud et de ceux [qui vécurent] après eux. » Allah ne veut [faire subir] aucune injustice aux serviteurs. « Ô mon peuple, je crains pour vous le jour de l'Appel Mutuel, le jour où vous tournerez le dos en déroute, sans qu'il y ait pour vous de protecteur contre Allah. » Et quiconque Allah égare n'a point de guide. Certes, Joseph vous est venu auparavant avec les preuves évidentes, mais vous n'avez jamais cessé d'avoir des doutes sur ce qu'il vous avait apporté. Mais lorsqu'il mourut, vous dîtes : « Allah n'enverra plus jamais de Messager après lui. » Ainsi Allah égare-t-Il celui qui est outrancier et celui qui doute. Ceux qui discutent les prodiges d'Allah sans qu'aucune preuve ne leur soit venue, [leur action] est grandement haïssable auprès d'Allah et auprès de ceux qui croient. Ainsi Allah scelle-t-Il le cœur de tout orgueilleux tyran. Et Pharaon dit : « Ô Haman, bâtis-moi une tour : peut-être atteindrai-je les voies, les voies des cieux, et apercevrai-je le Dieu de Moïse ; mais je pense que celui-ci est menteur. » Ainsi la mauvaise action de Pharaon lui parut enjolivée, et il fut détourné du droit chemin ; et le stratagème de Pharaon n'est voué qu'à la destruction. Et celui qui avait cru dit : « Ô mon peuple, suivez-moi, je vous guiderai au sentier de la droiture. Ô mon peuple, cette vie n'est que jouissance temporaire, alors que l'au-delà est vraiment la demeure de la stabilité. Quiconque fait une mauvaise action ne sera rétribué que par son pareil ; et quiconque, mâle ou femelle, fait une bonne action tout en étant croyant, alors ceux-là entreront au Paradis pour y recevoir leur subsistance sans compter. Ô mon peuple, mais qu'ai-je à vous appeler au salut, alors que vous m'appelez au Feu ? Vous m'invitez à nier Allah et à Lui donner des associés dont je n'ai aucun savoir, alors que je vous appelle au Tout Puissant, au Grand Pardonneur. Nul doute que ce à quoi vous m'appelez ne peut exaucer une invocation ni ici-bas ni dans l'au-delà. C'est vers Allah qu'est notre retour, et les outranciers sont eux les gens du Feu. Bientôt vous vous rappellerez ce que je vous dis ; et je confie mon sort à Allah. Allah est, certes, Clairvoyant sur les serviteurs. » Allah donc le protégea des méfaits de leurs ruses, alors que le pire châtiment cerna les gens de Pharaon.

Sourate Ghafir, versets 28-45

Et du bout de la ville, un homme vint en toute hâte et dit : « Ô mon peuple, suivez les messagers : suivez ceux qui ne vous demandent aucun salaire et qui sont sur la bonne voie. Et qu'aurais-je à ne pas adorer Celui qui m'a créé ? Et c'est vers Lui que vous serez ramenés. Prendrais-je en dehors de Lui des divinités ? Si le Tout Miséricordieux me veut du mal, leur intercession ne me servira à rien et ils ne me sauveront pas. Je serai alors dans un égarement évident. [Mais] je crois en votre Seigneur. Écoutez-moi donc. » Alors, il lui fut dit : « Entre au Paradis. » Il dit : « Ah si seulement mon peuple savait en raison de quoi mon Seigneur m'a pardonné et mis au nombre des honorés ! »

Sourate Ya-Sin, versets 20-27

Ancrage textuel

Deux personnages anonymes, préservés dans le Coran depuis plus de trois mille ans sans être nommés.

Analyse linguistique et rhétorique

"Du bout de la ville" et "accourut" : un verbe à l'inaccompli qui indique le mouvement, l'insistance et l'initiative spontanée et non sollicitée.

Position théologique

Les deux hommes apparaissent au moment décisif, s'adressent à leur peuple avec un conseil, puis disparaissent du récit. Mais leur position diffère : le croyant de la famille de Pharaon depuis l'intérieur, l'homme de Ya-Sin depuis la marge.

Angle comparé

Le croyant de la famille de Pharaon : un discours progressif et tactique, aboutissement d'un parcours de persuasion. L'homme de Ya-Sin : une confrontation directe et immédiate, sans concession envers l'adversaire. Sagesse de celui qui connaît le rouage, et sincérité de celui qui n'a connu que la confrontation — sans supériorité de l'un sur l'autre auprès d'Allah.

Synthèse et question de réflexion

Le fait de taire les deux noms est intentionnel : préserver un modèle qui se répète, non la biographie de deux personnes précises. Question pour la réflexion : toi, aujourd'hui — fais-tu partie de ceux de l'intérieur ou de ceux de la marge ? Et as-tu dit la parole de vérité qui te revenait ?

Avis des savants

Ibn Ashur

La progression dans le discours du croyant de la famille de Pharaon est l'aboutissement d'un parcours de persuasion rationnelle complet

At-Tahrir wa at-tanwir